Révolte

 

 

Si la nuit est venue envelopper l’espace,

Si une mort injuste brise la carapace

D’un homme démuni sur un chemin de pierres,

Ne lui demande pas de respecter les lois.

 Si l’horloge du ciel a perdu la raison,

Si le désordre règne et emporte les siens,

L’homme qui meurt de faim dans le froid de la nuit

Possède tous les droits sans respecter les lois

 Si le monde est livré aux prédateurs sans âme,

Si l’injustice devient maîtresse sur terre,

L’homme massacré que les nantis méprisent

Doit sans leur permission mettre à terre les lois.

 Si des puissants avides exploitent leurs semblables,

Si les larmes et la peur ont remplacé l’espoir

L’homme asservi n’a qu’un devoir et un seul droit,

Se lever vers le ciel et renverser la loi.


Le Fantôme 

 

 

Allongé sans un bruit sur du carton mouillé

Comme une ombre perdue sur un vieux banc rouillé,

Je suis celui que l’on ignore dans la nuit,

Celui que l’on gomme du regard sous la pluie.

Rejeté par la vie comme un loup solitaire,

Je ne suis plus tout à fait dans vos critères

Et la seule compagne de ce pauvre hère

Demeure sans rivale ma fidèle misère.

Le dimanche matin sous le porche dans l’ombre

Je me fais tout petit dans une partie sombre

Pour ne pas les gêner en leur tendant la main

Afin de resquiller un petit bout de pain.

Allongé sans un bruit sur du carton mouillé

Je suis un de ceux que le monde a dépouillé,

Un de ceux exploités à produire vos biens

Et que l’on a jeté puisqu’il ne vaut plus rien

La lune

 

 

La lune doucement éclaire en silence

Un univers de sang, un monde sans raison

Où des êtres sans loi répandent leur poison

Au nom de leurs idées, au nom de leur croyance.

Sur son visage absent des larmes en surbrillance

Esquissent sans un mot un étrange frisson,

Et la mort accomplit calmement sa moisson

Au nom de leurs idées, au nom de leur croyance.

Déchirons tous unis le voile de la nuit,

Sortons d’un seul élan de son brillant étui

Le glaive protecteur et sa sublime lame.

Défendons nos valeurs et notre liberté

Par notre volonté en nourrissant les flammes

De leur croyance aveugle, de leur impureté.



Néant

 

 

La lumière s’enfuit vers les espaces noirs

Et tes yeux innocents se tournent vers les cieux,

Se fermant doucement en implorants les dieux

D’apaiser ton esprit, s’il n’y a plus d’espoir.

Sur le nuage gris qui leur sert de perchoir

Les vautours rassemblés en un groupe insidieux

Observent calmement la tragédie du lieu

En attendant la fin pour quitter leur nichoir.

Une étoile qui luit dans la nuit qui s’éveille

Inonde le ciel bleu aux couleurs de groseille

De ses rayons d’amour et sa musique abstraite.

Chaque soir mon regard te cherche en silence

Toi qui quitte ses lieux, bel astre en surbrillance,

En caressant des yeux ta douce silhouette.

Biscotte

 

 

Ce soir dans la maison un grand vide s’installe,

La porte s’est ouverte sur une ombre absente

Et des formes abstraites aux courbes gémissantes

Cherchent à fuir en silence  l’espace familial.

La brume envahit la nuit noire et glaciale

Comme un linceul obscur sous la lune indécente

Et je perçois en vain de mes mains impuissantes

La présence informe d’une mort déloyale.

Tu nous quitte sans bruit et tu ferme les yeux

En reposant ta tête en un dernier adieu

Sur l’univers restreint de mon regard perdu.

Tu parts et tu es là contre nous contre moi

Ton image sans fin me maintient en émoi

Et je sens tes caresses comme un malentendu.



Partie trop tôt

 

 

Sous les branches courbées si tu vois dans la nuit

Une ombre solitaire avancer sans un bruit

Vers de profonds abîmes aux formes impalpables,

Regarde dans ses yeux des feux impitoyables

Cherchent en vain dans le noir une étoile magique.

Astre inaccessible, présence si lointaine,

Son regard orphelin plongé dans la fontaine

Observe en silence une musique absente,

Un être adoré aux allures fuyantes,

Une muraille abstraite à la forme tragique.

Sous les branches courbées si tu vois dans la nuit

Lorsque la pleine lune indiquera minuit

Sa silhouette errante implorer ta présence

Regarde dans ses yeux les larmes sans nuance

Espérer la lumière de ton lointain sourire.

Les chiens

 

 

Un soir d’été sans lune

Les chiens en meute avides

Sont venus te chercher.

Ils ont brisé tes rêves,

Ils ont commis le crime

Soutenus par leur horde,

De séparer la mère de sa fille adorée

Un soir d’été sans lune

Tu reviendras enfin

Retrouver ceux qui t’aiment.

Le chien finit toujours

Par payer son audace

Et ton guépard fidèle

Leur brisera les reins.

 



Espoir

 

 

S’il pleut sur tes yeux comme il pleut sur ton âme,

Si ton cerveau bascule et ton corps se dérobe,

Si la force du vent fait se courber ta flamme,

Regarde dans la nuit une ombre te réclame.

Si tu oublies parfois que des êtres ont aimé,

Que des regards absents perdus dans les étoiles

Cherchent encore en silence à percer les ténèbres,

Ecoutes dans la nuit une ombre te célèbre.

Si ta main dans le noir trouve un espace vide,

Si le blanc devient sombre et l’amour disparaît,

Si tes larmes caressent un univers frigide,

Laisse venir à toi un fantôme timide.

S’il pleut sur tes yeux comme il pleut sur ton âme,

Si tu oublies parfois que des êtres ont aimé,

Si ta main dans le noir trouve un espace vide,

Une lueur profonde éclaire ton visage.

Misère

 

 

Le regard étonné brisé par la misère

D’un enfant sans espoir porté par la lumière

S’accroche lentement aux espaces incertains

Où baigne avec froideur votre cerveau éteint.

Monde d’indifférence plongé dans le néant

Où celui qui a faim est un objet gênant,

Où celui qui domine observe transparent

Et avec complaisance un être différent.

Espace façonné par des objets factices,

Modèle formaté où règne l’injustice,

Des ombres assistées perdent leur consistance

Et cachent sans fierté jusqu’à leur existence.

Dans les yeux des passants où l’amour agonise

Le regard d’un enfant n’est qu’une marchandise

Sans forme ni valeur pour combler leur bêtise

Et le mot solidaire se change en convoitise.



Aliénation

 

 

Le ciel recouvre sombre un monde dramatique

Où des êtres abstraits sans pensée matérielle

S’isolent dans leur vie médiocre et irréelle.

Mon âme se transforme en forme adiabatique.

Etres décérébrés, poussières magnétiques

Dans un champ de violence sans espoir et amour

Leurs lèvres infécondes accusent un troubadour

Et la haine surgit de leur cerveau étique.

Présences assistées ou figures osmotiques

Attirées par le gain et vivant dans la boue

Je préfère l’amour et me tenir debout

Je vous laisse subir le poison médiatique.

Un fou enveloppé dans une étrange éthique

Sans tabous et principes a saisi une larme,

Je l’ai pris par la main je lui donne des armes.

Mon âme se transforme en forme adiabatique.

Musique noire

 

 

Ecoute, dans la nuit impénétrable et froide,

Monter des tombes ouvertes le murmure des morts

Dans le silence sombre, étrange quatuor,

D’où s’écoule sans fin une éternelle aubade.

Une musique noire envahit les ténèbres

Et captive notre âme esclave et soumise

Comme un serpent sauvé d’une main insoumise

Et qui renvoie soudain un sifflement funèbre.

Sous les cyprès obscurs balayés par le vent,

J’ai vu l’ombre puissante d’un être solitaire,

Un fantôme impalpable recouvert de son haire,

Une présence absente au regard captivant.

Ecoute l’infinie lumière de ses yeux

Poser sur toi qui as meurtri son âme fière

Les braises de l’enfer, et la main meurtrière

Exécuter sans fin le châtiment des dieux.



Songe

 

 

La mort plane sur ceux qui perturbent mon rêve

Et son grand manteau noir recouvre en silence

Un univers obscur, un monde sans nuance.

Je vois surgir de l’ombre un implacable glaive

Une lame dressée, tisser avec patience

Le chemin du destin, la dernière échéance.

Sous le ciel noir et rouge une brise se lève

Présence incertaine, étrange ambiance

La nuit rose s’estompe pour finir la séance.

Noël

 

 

Dans le creux de mes mains

Devant mes yeux fermés

J’ai entrevue ce soir

Ton regard pour Noël.

Ce soir plein d’illusions

Ce soir, de sourires et de joies

Et qui par ton absence

Ne ressemble à rien.

La fête est morte un jour

Et le brouillard épais

Anime en silence

Des ombres éternelles

Et des espaces courbes

Ou se brisent les rêves.

Dans le creux de mes mains

Devant mes yeux fermés

Je ne vois que le vide

Et le silence amer

D’une enfance perdue.

 



Les mots

 

 

Des larmes de sang

Sur une page blanche

Effacent lentement

Des mots microscopiques

Que je ne peux écrire.

Mots colorés, étranges et sucrés

Sur les courbes insoumises

D’une étoile adorée,

Mots absents de la nuit

Perdus dans le regard

Des désirs retrouvés.

Dans le creux de ma main

Comme l’eau qui s’écoule

Les mots fuient mes pensés

Et cherchent le silence.

Des mots non prononcés

Que  j’aimerai entendre.

Des mots recouverts de rosée

Suspendus à des lèvres

Sans pouvoir les comprendre.

Sur une feuille noire

Emportée par le vent

Des larmes disparaissent

En cherchant le néant.

Absence

 

 

J’ai vu surgir de la nuit

Entre les rayons verts d’une lumière morte

L’agonie d’un soleil sur le pas de ma porte.

Un insecte sans nom tisse sur mes paupières

Les limites infinies d’un océan de pierres

Et des larmes de sang dessinent sur mes joues

L’espace inégal d’un triste monologue.

Regarde dans mes yeux des murailles s’effondrent

Un oiseau chante encore et tu ne sais répondre.

Sous les cyprès de marbre où les corbeaux patrouillent

Ta main blanche repousse une étrange dépouille.

Sentir le vent froisser tes cheveux sur les tombes

Un être sans mémoire capitule et succombe

Et mon âme meurtrie s’évapore sans forme

Entre les doigts obscurs d’un silence uniforme.

Ecoute sur le sable la plainte de l’amour

Que tu pousse au supplice au rythme des tambours,

La pendule sans nom désigne aux vautours

L’esprit perdu et fou d’un triste troubadour

Et sur les fibres internes de mon cerveau fantôme

J’emporte ton parfum dans mon profond royaume.



Poésie

 

 

Mon sang coule en sueur,

 

Les ordures fumantes

 

Accrochent à mes yeux

 

Des rimes inutiles.

 

Poésie

 

Un papillon est bleu

 

Ce n’est qu’un papillon

 

La mer sans les poissons

 

L’homme sans oxygène,

 

Des déchets font brûler

 

Un cierge à l’église.

 

Poésie

 

Sur mon front tourmenté

 

La tempête arrache

 

Des montagnes désertes,

 

L’eau chaude dans le verre

 

Cherche l’ébullition

 

Et mon poing se referme.

 

Vision de flammes rouges

 

Saint Just était si jeune

 

Péri était si beau,

 

Sur la charrette verte

 

Un réséda vaincu,

 

Les belles funérailles.

 

Poésie

 

Pour ce soir en silence

 

Je retiens une danse,

 

Le vin rouge pour tous,

 

Un papillon est beau si chacun peu le voir.

 

Répression

 

Feu sur la misère

 

Aux portes entr’ouvertes

 

Des espaces égaux,

 

Feu sur la liberté

 

Aux vent dans les drapeaux

 

Que l’on porte au supplice,

 

Feu sur les enfants roses

 

Feu sur le monde close

 

Au-delà des frontières,

 

Nos frères portent au cœur

 

Une blessure ouverte

 

Et sur le sol avide

 

Le bruit de ceux qui tombent

 

Comme le feu humide

 

A travers les poitrines

 

Déchire les tympans.

 

Les hommes naissent tous

 

Libres et égaux en droits,

 

Et celui qui en doute

 

Finit dans la poussière.

 



Solitaire

 

Le vieux loup solitaire

 

Se cache au fond d’un trou

 

A l’abri des regards

 

Baigné par le silence.

 

Ses yeux humides et vides

 

Contemplent sans envie

 

Le ciel noir de la nuit

 

Où se dessine au loin

 

Une ombre qui s’éloigne,

 

Une présence absente.

 

Une voix mystérieuse

 

Apportée par le vent

 

Murmure doucement,

 

« Dans l’univers présent

 

Rien ne se perd tout se transforme,

 

Lorsqu’une étoile meurt

 

Une autre la remplace».

 

Le vieux loup solitaire

 

Observe le néant

 

Sans chercher, sans comprendre

 

Et sur ses joues inertes

 

Des perles de rosées

 

Cherchent l’obscurité.

 

Tristesse

 

Oh dieux puissants des profondes ténèbres

 

J’implore avec tristesse vos pouvoirs incertains.

 

De mes yeux sans espoir coule un torrent de feu

 

Et mon regard se perd dans un gouffre sans fin.

 

Je cherche dans les cieux une étoile perdue

 

Un rayon de soleil pour réchauffer mon cœur

 

Et comme un loup blessé que la horde repousse

 

Je souffre en silence en regardant la nuit.

 

La mort me tend les bras

 

Et jette sur mon corps une lumière froide,

 

Son ombre enveloppe d’un voile impénétrable

 

Mon esprit prisonnier de ta présence abstraite.

 

Oh dieux puissants des profondes ténèbres

 

Que ma déesse brille dans le ciel qui m’entoure,

 

Que je retrouve enfin l’ange qui m’a fait vivre.

 



Ténèbres

 

Les flammes rouges

 

Montent des profondes ténèbres

 

Et recouvrent mes yeux

 

D’une lueur funeste.

 

Des fantômes obscurs

 

Avancent en rangs serrés

 

Dans les feux de tristesse

 

Où mon cœur solitaire

 

A perdu sa chaleur

 

Et sa raison de vivre.

 

Le monde est encombré

 

Par de pesants mensonges

 

Et un glacial silence

 

Recouvre  nos  regards

 

De doutes et de questions.

 

Du plus profond des gouffres

 

Mon être en perdition

 

Efface le passé et tend ses bras meurtris

 

Vers le vide et la nuit

 

Vers l’absence et la mort

 

Les flammes rouges

 

Montent des profondes ténèbres

 

Emportant à jamais

 

La folie de l’espoir

 

De renaître un jour.   

 

Torture

 

 

 

Ami des ombres heureuses

 

Homme ou femme inconnu

 

Regarde sur tes main

 

Leur sang coule si chaud

 

Leur voix comme un enfant

 

Escalade les murs de la vieille prison.

 

Ami des ombres heureuses

 

Le métal transparent épouse les abaques

 

Sur la nuit fatiguée

 

Et la torture nue.

 

Homme et femme sans nom

 

Ecoutez sur vos têtes

 

Les roulements lugubres

 

Des tambours solitaires.

 

Dans l’arêne trop chaude

 

Mon être se révolte

 

Entre nos doigts meurtris

 

Sur les feuilles d’automne

 

Le soleil dans leurs yeux

 

Accompagne les pas

 

De ceux qui vont tomber

 

Sur la liste trop longue

 

Comme le rossignol que le serpent avale.

 

Ami des ombres heureuses

 

Regardes sur tes mains

 

L’image responsable des fusils pitoyables

 

Que je vois dans tes yeux.

 

La vie passe dans l’ombre

 

Et sur les croix en feu

 

Passent des vagues rouges.

 



Un éternel voyage

 

Dans un linceul de glace

 

Un ange monte au ciel

 

Emporté par la nuit

 

Sur un rayon de miel,

 

Et malgré son jeune âge

 

La mort dessine au loin

 

Un éternel voyage.

 

Chaque nuit, chaque instant

 

Mon âme orpheline

 

Caresse son visage

 

Et pleure son absence.

 

Ses yeux lointains et tristes

 

Cherchent un autre regard

 

Dans les espaces vides

 

Mais ne découvre plus

 

Qu’une étoile lointaine

 

Qui s’éloigne à jamais.

 

Dans un linceul de glace

 

Un ange monte au ciel

 

Et je crie ma souffrance

 

Dans un profond silence.

 

Quinze ans

 

Tu avais quinze ans

 

Et ton regard d’enfant

 

Etincelait de joie.

 

L’espoir dans tes yeux verts

 

Capturait la lumière,

 

To rire réchauffait

 

Nos cœurs émerveillés.

 

Tu avais quinze ans

 

Et un voile est tombé

 

Sur la fenètre ouverte

 

Emportant nos sourires,

 

Et nos poumons gonflés

 

Ont transpiré des larmes.

 

L’orage est venu

 

Transperçant les ténèbres.

 

Tu avais quinze ans

 

La mort est repartie

 

Avec tes espérances.

 

Aujourd’hui solitaire

 

Rejeté par le monde

 

Et mes passions perdues

 

Je pleure en silence

 

En attendant la fin.

 



Solitude

 

La mort avance lentement

 

Sur une mer de flammes,

 

Dans ma poitrine ouverte

 

Mon cœur sonne le glas

 

Au rythme des éclairs.

 

La pendule accrochée

 

Sur mon front en sueur

 

Accélère le temps

 

Et réduit les espaces.

 

Comme un fou solitaire

 

J’attends le coup fatal

 

En regardant au loin

 

Les lumières absentes

 

Etendre sur mon âme

 

Un océan de cendres.

 

Solitude abstraite

 

Quand on a tout perdu

 

La mort devient pour nous

 

La dernière compagne.

 

Hiver

 

Le brouillard de l’hiver

 

Etend son voile opaque

 

Et le doute s’installe

 

Dans nos regards perdus.

 

Le silence pesant

 

Augmente les distances

 

Et nos yeux cherchent en vain

 

La trace de nos pas,

 

Une étoile qui brille.

 

Le froid glacial et sombre

 

Efface un instant nos sourires figés.

 

Sur la plaine qui pleure

 

La tristesse et la mort

 

Rependent  avec délice

 

La folie sans mesure

 

D’une musique absente.

 

L’hiver a pris nos âmes

 

Et plonge nos cœurs vides

 

Dans un épais manteau

 

De glace et de marbre.

 



Octobre

 

Les souvenirs et le présent se mêlent

 

Dans l’ombre et le froid de la nuit

 

Où nos présences abstraites

 

Cherchent en vain la lumière

 

Et la chaleur sublime d’un être invisible.

 

Le noir et le blanc cherchent leur différence

 

Une musique chaude entre les feuilles bleues

 

Des arbres sans racines

 

Caresse ma mémoire et aveugle mes yeux,

 

Il y a si longtemps, il y a peu de temps

 

L’eau froide dans le vase cherche l’ébullition

 

Et je cherche au loin dans les abimes gris

 

L’image rayonnante de ton visage d’ange.

 

Octobre où tout bascule, où le ciel devient rouge,

 

Déchaine les tempêtes dans ma tête qui flanche,

 

Je t’ai perdu si jeune et je te perds encore

 

L’hiver revient me voir et fige mon sourire

 

Il ne me reste plus qu’à attendre en silence

 

Que le rideau s’abaisse à la fin de la pièce.

 

Suis ado

 

J’en ai marre

 

Et je sèche les cours

 

Les adultes sont nuls

 

Et ne comprennent rien

 

Suis ado suis ado.

 

Je suis mal dans ma peau

 

Suis perdue, suis pommée

 

Mes parents me séquestrent

 

Et s’occupent de tout,

 

Suis ado suis ado.

 

J’ai cru trouver l’amour

 

Et suis tombée de haut

 

J’ai récolté des rires

 

Et pire des insultes,

 

Suis ado suis ado.

 

Je ne sais où je vais

 

Le monde me repousse

 

Personne ne comprends

 

On étouffe mes cris,

 

Suis ado suis ado.

 

Suis au bout de ma vie

 

Je cherche le bonheur

 

Mais j’ai perdu le nord

 

A qui me raccrocher

 

Suis ado suis ado.

 



La ligne de vie

 

Tu as senti la peine

 

Tu as vécu la haine.

 

Tout au long de ta vie

 

Les joies et les épreuves

 

Affichent sur ta route

 

Les instants de bonheur

 

Les moments de détresse.

 

La perte insensée

 

Des êtres chers qu’on aime,

 

Les moments magnifiques

 

Où l’amour se déchaine

 

Transforment l’univers

 

En ombre et en lumière.

 

J’ai vu sur le feuillage

 

Apparaître mon âge

 

Un papillon qui danse

 

M’a parlé sans nuance

 

D’un espace en ruine

 

De ta ligne de vie.

 

Noir sur noir

 

Noir sur noir, dans le creux trop lisse de ma main

 

J’ai rencontré couché un papillon masqué

 

Sur ses pattes trop longues et ses ailes arquées,

 

Un papillon de nuit recouvert de satin.

 

 

 

Un rayon de soleil, la rosée du matin

 

Recouvrent ses antennes et sa robe  laquée.

 

J’ai vu rougir le ciel dans ses yeux paniqués

 

Et son ombre fragile  cherche à fuir son destin.

 

 

 

Son regard a suivi l’espoir d’une promesse

 

Son corps fragile et pur a su trouver l’ivresse

 

De l’amour sans nuages caressé par les anges.

 

 

 

Après avoir douté et condamné trop vite,

 

J’ai vu partir enfin cette douce pépite

 

Et j’ai fermé les yeux sur une ombre qui danse.

 



Massacre 

 

 

Toutes les dix secondes une lumière meurt

 

Une étoile s’éteint dans la nuit et le froid.

 

Toute les dix secondes à portée de chez toi,

 

Disparaît en silence un battement de cœur.

 

Toutes les dix secondes à l’ombre d’une croix

 

S’estompe lentement un innocent regard.

 

Toutes les dix secondes et dans l’indifférence

 

La mort brûle à jamais une innocente enfance.

 

Toutes les dix secondes dans ce monde sans fin,

 

Contre sa mère en pleur un enfant  meurt de faim.

 

Toutes les dix secondes nos surplus sont détruits

 

Un massacre sans fin, un enfant meurt de faim.

 

Jeune de la nuit

 

 

Que tu sois blond ou noir, paysanne ou reine,

 

Oh jeune de la nuit, je te dirai ta peine.

 

Tu danses et tu ris quand sous les néons du soir,

 

Avec tes camarades tu donnes le bonsoir

 

Aux charmantes gazelles, aux garçon en vacances

 

Venus d’ici et là montrer la délinquances.

 

Oh jeune de la nuit apparaît sur ton front

 

La tristesse de ceux du dernier escadron.

 

Dans la rue on te dit qu’il existe Antoine,

 

On porte mini jupe, on se moque du moine,

 

L’on crie, l’on gesticule et puis pour se calmer

 

On danse lentement, on essaie de s’aimer.

 

Oh jeune de la nuit lorsque finit la fête

 

Lorsque l’ombre à nouveau fait se terrer la bête,

 

Tu ne peux plus aimer, tu ne peux plus chanter,

 

Tu ne peux que crier, tu ne peux que lutter,

 

En pensant mini jupe et aussi mini bombe

 

En entendant l’argent étouffer la colombe.

 

Oh jeune de la nuit, après tes contorsions,

 

Après l’affolement place à le réflexion.

 

Pour que tu puisses aimer, pour que tu puisses rire,

 

Il te faut à la fois et lutter et sourire,

 

Condamner les félons, le guerre et leurs ébats

 

Mais s’il le faut aussi partir pour le combat.




Écrire commentaire

Commentaires: 1
  • #1

    Veladenne Marie (dimanche, 06 mai 2018 14:11)

    Tes poèmes sont tous plus beaux et émouvants les uns que les autres .
    Félicitations